Technologie

Le Quantified self ou « auto-mesure de soi » un pas décisif vers la e-santé ?

Petite information et grand plan de communication sur le Quantified self (QS). Les médias s’arrachent le sujet sur une thématique relativement méconnue du grand public mais qui s’installe chez les professionnels de santé.

Le Quantified self ou « auto-mesure de soi » est en fait une technologie qui permet de mettre directement à la disposition d’un individu, via des capteurs, applications mobile ou web, des données personnelles.

La plus ancienne application est connue de tous, en adoptant un bracelet ou une montre reliés à un smartphone il est possible de suivre son rythme cardiaque, le nombre de pas et de kilomètres parcourus… et même de publier et de partager ces données sur des sites spécialisés ! Une grande marque de sport propose déjà plusieurs modèles intégrés aux chaussures ou sous forme de bracelet.

Des applications plus professionnelles

Après les applications grand public, les innovations se tournent de plus en plus vers la santé. Après le rythme cardiaque, la tension, les cycles de sommeil, la glycémie peuvent maintenant être suivis de la même manière sur un smartphone. De grandes entreprises proposent même des applications en pneumologie et dans le suivi du diabète.

On voit tout de suite les implications positives que ces nouvelles technologies pourraient avoir sur l’activité du professionnel de santé. Certains patients pourraient être suivis de manière particulière pour dépister précocement des pathologies, prévenir des risques spécifiques ou tout simplement suivre l’évolution d’un patient chronique entre deux rendez-vous…

Ces nouveaux outils, dont certains reprochent les données trop approximatives ou pas assez fiables sont majoritairement développées par des start-up (souvent américaines !). Mais plusieurs grandes entreprises venant du monde médical intensifient la recherche sur ces thématiques. Les nouvelles applications y gagneront en fiabilité.

Nouveau circuit de soin, nouvelles dépenses ?

Hormis le fait qu’un développement important de ces technologies sera source de nouveaux coûts (payés par qui ?), le praticien se verra obligé de changer sa méthode de travail. Devra-t-il se connecter régulièrement pour « checker » tous ses patients connectés ou seules des alertes lui seront signifiées ? Le professionnel libéral de santé sera-t-il rémunéré pour ce suivi à distance ? Les infirmières, les laboratoires seront-ils également intégrés dans ce nouveau circuit de soin ?

Par ailleurs on peut imaginer, et c’est le but, que ce suivi « on line » permettra un dépistage précoce et une meilleure prévention de certaines pathologies. Cette anticipation aura un aspect positif sur les dépenses de santé qui seront probablement redistribuées.

Pour le médecin généraliste ou spécialiste cette nouvelle relation avec le patient nécessitera simplement l’acquisition de matériels informatiques performants et d’une connexion internet de qualité.

Et la sécurité ?

Pour les applications médicales le Quantified self nécessite un échange de données fluide et sécurisé entre le patient et le praticien. A l’inverse du sportif qui publie lui-même son check-up santé sur Facebook ou un autre site, en tant que patient, le même individu voudra que ses données médicales restent confidentielles.

Pour l’instant les problématiques liées au transfert et à l’utilisation des données personnelle vers son praticien font l’objet d’une réglementation renforcée. Par ailleurs l’article L. 1111-8 impose que l’hébergement de ces données soit l’objet d’un agrément donné par le ministre de la Santé. Il est évident que la multiplication des technologies poussant de l’information personnelle d’un patient vers son praticien sera génératrice de nouvelles réglementations !

Avec le Quantified self la e-Santé pourrait progresser d’une manière beaucoup plus rapide que l’on ne le pensait.

À suivre : http://club-digital-sante.fr/2013/10/17/quantified-self-et-sante-une-revolution-en-marche/

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