Ophtalmologiste

Ophtalmologistes : les évolutions de la profession

Il y a aujourd’hui une pénurie de médecins ophtalmologistes, ce qui allonge notablement les délais d’accès aux soins pour les patients. Pour faire face à ce problème démographique, des solutions se mettent en place.

La démographie décroissante des ophtalmologistes a des effets négatifs sur les soins : selon les régions, certaines affections comme le glaucome, le diabète ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ne sont pas traitées assez rapidement. Il en est de même pour le dépistage des troubles visuels de l’enfant. En outre, les urgences sont parfois difficilement assurées.
Pour remédier à ces difficultés, il est prévu une augmentation du nombre d’ophtalmologistes en formation et une augmentation du nombre d’orthoptistes, ainsi qu’une collaboration plus étroite entre ces deux professions.

La démographie : on compte aujourd’hui environ 5 800 ophtalmologistes sur le territoire national, dont plus de 80% sont des praticiens libéraux. Si rien n’est fait, ce nombre diminuera de plus de 40% d’ici 2030 (en raison surtout des départs à la retraite), alors que les troubles de la vue des Français vont augmenter de 15%.
Les pouvoirs publics ont donc décidé d’augmenter le nombre d’internes en ophtalmologie de 106 en 2011-2012 à 150 en 2015. Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) estime cependant qu’il en faudrait au moins 200 pour faire face aux besoins.

La délégation de tâches aux orthoptistes : afin de réduire les délais d’attente pour les assurés, l’expérience de renouvellement rapide de la prescription de verres correcteurs, menée en 2013 et en 2014 dans la région des Pays de Loire, sera bientôt généralisée.
En pratique, les patients de 6 à 49 ans, sans pathologie particulière et ne manifestant aucune gêne visuelle en dehors des lunettes, peuvent être reçus directement par l’orthoptiste du cabinet. L’ophtalmologiste contrôle ensuite le dossier et les examens, et adresse l’ordonnance au patient.Le décret validant cette « délégation de tâches » est paru au Journal Officiel en janvier 2015.

Une réorganisation du cabinet : le mode d’exercice de la profession est donc en train de changer puisque les ophtalmologistes vont devoir se réorganiser, au moins en partie, vers la délégation de tâches. Mais ce dispositif à un coût : selon le SNOF, un orthoptiste salarié coûte en effet de 45 000 € à 55 000 € par an.

A noter : CMV Médiforce finance l’intégralité des besoins d’installation des ophtalmologistes libéraux.