Biologiste

Laboratoires : financer le plateau technique

Le coût du plateau technique d’un laboratoire d’analyses médicales est élevé et dépend des caractéristiques du site, des spécialités pratiquées et du nombre de dossiers traités. Mais le financement des matériels est toujours une opération lourde, qu’il faut savoir anticiper et budgéter.

Les laboratoires d’analyses médicales interviennent dans les différentes disciplines de la biologie médicale : biochimie, immunochimie, auto-immunité, allergologie, marqueurs tumoraux, sérologie, hématologie, bactériologie, virologie, parasitologie et toxicologie.

Pour un laboratoire, un plateau technique moderne et complet doit donc permettre de réaliser, dans les plus brefs délais, l’ensemble des analyses d’hématologie, de coagulation, de biochimie, d’immunologie et de microbiologie des patients.

À un moment où les laboratoires libéraux vont devoir s’adapter à de profonds changements (accréditation selon la norme européenne EN 15189, regroupement des laboratoires et des compétences des biologistes, coordination avec la biologie hospitalière, maîtrise des dépenses, etc.), le financement des plateaux techniques des laboratoires constitue plus que jamais un enjeu crucial.

Des coûts variables selon le type de laboratoire

Le coût du plateau technique d’un laboratoire d’analyses médicales dépend de plusieurs facteurs. Le premier concerne la spécialisation éventuelle du laboratoire et donc des paillasses sur lesquelles le plateau technique est orienté.

Le coût dépend également du nombre d’analyses centralisées sur le plateau technique et du type de laboratoire concerné. En effet, le plateau technique d’un petit laboratoire indépendant n’est pas le même que celui d’un autre laboratoire ayant plusieurs sites ou travaillant avec de nombreux automates.

Pour un petit laboratoire indépendant traitant une centaine de dossiers patients par jour, il faut compter actuellement environ 20 000 € d’immobilisation par paillasse pour un automate de biochimie et un autre d’hématologie. Pour l’immunologie, il faut compter entre 20 000 et 30 000 €. Et pour la bactériologie, environ 15 000 € si le système n’est pas entièrement automatisé. Soit un total d’un peu moins de 100 000 €. Le coût de l’immobilisation du matériel dépend du nombre d’analyses réalisées. Surtout, le coût du matériel ne représente qu’une part dans l’investissement total du biologiste, soit 20 % seulement en moyenne pour la machine, 20 % pour le service après-vente et 60 % pour les réactifs. De plus en plus souvent, les machines ne deviennent ainsi qu’un vecteur de l’investissement, et les biologistes doivent principalement financer la mise à disposition d’un système.

Un financement qui évolue

Dans ce contexte, les biologistes se voient souvent proposer des prestations « tout inclus » qui tiennent compte de l’immobilisation de la machine, du service après-vente et des réactifs associés à la machine. Mais, bien entendu, il est possible de financer les matériels de façon classique par le biais du crédit ou d’opter pour un financement en location ou en crédit-bail. L’avantage de ce second système est que le biologiste peut alors choisir son matériel d’un côté, et les réactifs nécessaires de l’autre.

À noter également : alors qu’il y a une dizaine d’années encore les matériels des laboratoires de biologie médicale étaient financés en cinq ans et souvent utilisés pendant sept ou huit ans, le financement est plus rapide aujourd’hui, souvent sur une période de trois à cinq ans.

Articles pouvant vous intéresser