S'installer comme médecin libéral
Les dispositifs d’aide à l’installation des médecins ont été profondément remaniés au 1er janvier 2026. Les contrats démographiques qui structuraient l’aide depuis 2016 ont disparu, remplacés par un nouveau système. Voici ce qui s’applique aujourd’hui, et ce que représente réellement le budget d’une installation.
L'essentiel à retenir
- Les contrats CAIM, COSCOM, COTRAM et CSTM ne sont plus signables depuis le 31 décembre 2025.
- Le dispositif repose désormais sur les primes territoriales et les majorations du forfait médecin traitant.
- Vous êtes éligible aux deux zonages fiscaux, FRR en zone rurale, QPV en zone urbaine.
- Le budget dépend avant tout de votre spécialité : c'est le plateau technique qui fait l'écart.
Les sigles employés dans cette page sont expliqués dans le glossaire de l’installation.
Quelles sont les conditions d'accès à l'exercice libéral ?
L’inscription au tableau de l’Ordre national des médecins est obligatoire avant tout exercice. Votre protection sociale relève de la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France).
À quelles aides avez-vous droit ?
Les aides conventionnelles depuis 2026
Les quatre contrats démographiques de la convention 2016 ont cessé d’être signables au 31 décembre 2025. Les contrats en cours courent jusqu’à leur terme.
Le dispositif 2026 repose sur deux leviers : les primes territoriales pour une installation en zone sous-dotée, et les majorations du forfait médecin traitant (FMT).
Les majorations méritent d’être calculées. Sur trois ans, elles peuvent représenter davantage que la prime d’installation elle-même. Raisonner uniquement en montant de prime fausse la comparaison entre deux territoires.
La ZAC n’ouvre droit à aucune majoration du FMT. Un médecin installé en zone d’action complémentaire perçoit la prime de 5 000 € et rien d’autre. L’écart réel entre ZIP et ZAC est donc bien supérieur à la différence entre 10 000 € et 5 000 €.
La dotation numérique (DONUM)
La DONUM a remplacé le forfait structure au 1er janvier 2026. Elle finance votre équipement informatique : jusqu’à 2 940 € par an, dont 1 960 € garantis si le socle d’indicateurs est validé. Elle est individuelle ; ainsi dans une maison de santé de quatre médecins, quatre dotations sont versées.
Une seule démarche, une fenêtre courte. Les taux d’usage sont calculés automatiquement. En revanche, vous devez déclarer votre équipement logiciel entre le 15 décembre et le 8 février sur Amelipro. Passé cette date, la dotation est perdue pour l’année.
Comptez douze à quinze mois entre le début de l’évaluation et le versement : n’intégrez pas la DONUM à votre trésorerie de première année.
Les exonérations fiscales de zone
Vous êtes éligible aux deux dispositifs : la FRR en zone rurale et le QPV en zone urbaine. Exonération totale d’impôt sur les bénéfices les cinq premières années, puis dégressive sur trois ans.
Attention : en FRR, vous vous engagez à rester cinq ans dans la zone, sous peine de rembourser l’intégralité des exonérations.
En savoir plus :
- Pour le détail des deux dispositifs, voir notre page « Les aides à l’installation ».
De quoi dépend le budget d'installation ?
Deux postes structurent l’essentiel du projet.
Le droit de présentation à la patientèle, en cas de reprise. Il se calcule à partir des recettes des derniers exercices, et dépend de l’ancienneté du cabinet, de la régularité de son activité et de la démographie médicale locale.
Le plateau technique, dont le poids varie considérablement d’une spécialité à l’autre. C’est le facteur le plus discriminant : un généraliste et un radiologue ne portent pas le même projet financier. Le lieu d’installation joue également, à travers la surface nécessaire et le coût des travaux.
S’y ajoutent l’aménagement du local, l’informatique et la trésorerie de démarrage, souvent sous-estimée, alors que les charges fixes tombent dès le premier mois.
Il n’existe aucun barème légal de valorisation d’une patientèle. Sa valeur dépend de la patientèle elle-même, de la zone d’implantation, de l’état du matériel et des conditions de la transmission. Elle se négocie au cas par cas, sur la base des comptes des derniers exercices.
Comment financer son installation ?
Les aides couvrent une fraction du budget. Le reste relève du financement professionnel : crédit classique, crédit-bail (aussi appelé leasing), location financière ou crédit de trésorerie.
Financer votre plateau technique en leasing plutôt qu’au comptant préserve votre capacité d’emprunt pour le droit de présentation et la trésorerie de démarrage. Plus la spécialité est équipante, plus cet arbitrage pèse sur la structure du plan de financement.
Bpifrance peut par ailleurs garantir votre prêt bancaire ; ce qui peut éviter d’hypothéquer votre résidence principale et financer directement votre informatique via le Prêt Sans Garantie.
CMV Médiforce, marque commerciale de BNP Paribas Lease Group dédiée au financement des professionnels libéraux de santé, accompagne les installations depuis 50 ans.
Questions fréquentes
J'ai signé un CAIM avant 2026, que devient-il ?
Les contrats en cours courent jusqu'à leur terme. Vous pouvez aussi les résilier pour basculer vers le nouveau dispositif. C'est un arbitrage à faire au cas par cas.
Un médecin collaborateur ou remplaçant a-t-il droit aux exonérations de zone ?
En collaboration libérale, oui : l'administration fiscale admet expressément le bénéfice du régime, avec ou sans patientèle propre. En remplacement, l'analyse diffère : l'administration vérifie notamment que l'activité ne constitue pas la poursuite d'une activité préexistante.
Peut-on cumuler primes territoriales et exonérations fiscales ?
Oui. Les primes relèvent de l'Assurance Maladie, les exonérations de la fiscalité. Les deux logiques sont indépendantes.
Pour aller plus loin :