Véhicule professionnel : frais réels ou indemnités kilométriques ?

Indemnités kilométriques ou frais réels : que choisir pour votre véhicule professionnel ?

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Le choix entre frais réels et indemnités kilométriques, cela dépend principalement de la valeur de votre véhicule et de votre kilométrage annuel. Quelle que soit l’option envisagée, des justificatifs sont à prévoir, bien que le barème des indemnités simplifie cette démarche. Néanmoins, les frais réels restent intéressants si vous effectuez peu de trajets ou que vous utilisez un véhicule électrique.      

L'essentiel à retenir

Frais de véhicule professionnel : quelles sont les deux options ?

Un professionnel libéral de santé peut déduire certains frais liés à l’usage professionnel de son véhicule, comme le carburant, l’entretien ou le stationnement. Cette possibilité s’applique que l’on soit propriétaire ou locataire du véhicule, à condition de pouvoir justifier chaque dépense par une facture.

Pour simplifier cette démarche, deux méthodes de calcul s’offrent à vous : soit déduire le montant exact de vos dépenses réelles, soit utiliser le barème kilométrique officiel de l’administration fiscale. Ce barème permet d’estimer vos frais en multipliant un tarif forfaitaire par le nombre de kilomètres parcourus pour votre activité.

Les frais réels : quel fonctionnement pour votre véhicule professionnel ?

Les modalités de déduction des frais réels varient selon que le professionnel libéral de santé est propriétaire ou locataire de sa voiture.

Vous disposez d’un véhicule professionnel (immobilisé)

Si vous êtes propriétaire du véhicule et qu’il fait partie de votre patrimoine professionnel (il est inscrit sur le registre de vos immobilisations), alors toutes les dépenses payées pour l’utilisation professionnelle de la voiture peuvent être déduites, y compris les intérêts d’emprunt en cas d’acquisition du véhicule à crédit.

Les amortissements sont également déductibles, mais attention : la déduction est plafonnée en fonction du taux d’émission de CO₂ et de la date de mise en circulation.    

Vous disposez d’un véhicule personnel

Si vous êtes propriétaire du véhicule et qu’il fait partie de votre patrimoine privé (il n’est pas inscrit en immobilisation), seules les charges d’utilisation peuvent être déduites du bénéfice imposable.      

Sont reconnus comme charges d’utilisation les frais de carburant,  de stationnement, de parking, de parcmètre, etc.). Aucun amortissement ne peut, en revanche, être déduit. Néanmoins, en cas de revente ultérieure du véhicule, aucune plus-value ne restera à payer.    

Vous disposez d’un véhicule en location (LLD / crédit-bail)

Si vous êtes locataire de votre voiture (louée en location de longue durée ou en crédit-bail), vous pouvez déduire toutes les dépenses réelles liées à son utilisation professionnelleÀ savoir  les loyers versés au loueur, les frais de carburant, l’assurance, l’entretien et les réparations, les frais de stationnement, de péage, etc.    

Néanmoins, tout comme l’amortissement, la déduction du loyer est plafonnée en fonction de la date de première mise en circulation du véhicule et du taux d’émission de CO₂.    

À noter :

Dans le cas d’une voiture louée, un barème forfaitaire spécifique pour les dépenses de carburant peut être utilisé. Vous êtes ainsi dispensé de conserver les justificatifs de frais de carburant, mais vous devrez toujours justifier votre kilométrage professionnel.

Quels avantages et inconvénients à déduire vos frais réels ?

Pour savoir s’il est avantageux d’opter pour cette méthode de calcul, considérez chaque atout et inconvénient selon votre situation :

Types Avantages Inconvénients

Véhicule professionnel

Déduction totale des frais réels, des intérêts d’emprunt et de l’amortissement du véhicule.
L’amortissement est plafonné selon les émissions de CO₂ du véhicule et la revente peut générer une plus-value imposable.

Véhicule personnel

Aucune plus-value à payer lors de la revente et déduction des frais d’utilisation (carburant, parking).
Impossible de déduire l’amortissement ou les intérêts d’emprunt.

Véhicule en location

Déduction des loyers et possibilité d’utiliser un barème forfaitaire simplifié pour les frais de carburant.
Le montant des loyers déductibles est plafonné en fonction des émissions de CO₂ du véhicule.

Barème kilométrique : que faut-il savoir ?

Le barème de l’administration fiscale permet d’englober la majorité des coûts liés à l’usage de votre véhicule professionnel. Il simplifie la gestion de vos indemnités kilométriques. Toutefois, certaines pièces justificatives doivent être conservées.

Les dépenses couvertes

Le barème kilométrique est un forfait annuel qui remplace la déduction de vos frais réels. Il est conçu pour englober la majorité des coûts liés à l’usage de votre voiture ou deux-roues, notamment :

  • la possession : l’amortissement si vous êtes propriétaire du véhicule ou les loyers si vous le louez ;
  • l’usage quotidien : le carburant, l’assurance, l’entretien, les petites réparations et les pneumatiques ;
  • le plafond : le calcul est plafonné à une puissance maximale de 7 CV.

Pour encourager la mobilité propre, l’administration fiscale applique une règle particulière pour les véhicules électriques : le montant calculé via le barème est majoré de 20 % pour les véhicules 100 % électriques. Cette majoration couvre également les frais spécifiques, comme la location ou la recharge de la batterie. Attention cependant, les véhicules hybrides (même rechargeables) ne bénéficient pas de ce bonus et restent soumis au barème normal.

Par ailleurs, certains frais ne sont pas intégrés dans le forfait, mais peuvent être ajoutés en frais réels sur votre déclaration (au prorata de votre usage professionnel) :

  • les frais de route : péages, stationnement, parcmètres et location de box ;
  • les frais d’acquisition : intérêts de l’emprunt lié à l’achat et frais d’immatriculation ;
  • les frais exceptionnels : réparations importantes et dépenses en équipements ou accessoires.

Pour opter pour le barème kilométrique, ne comptabilisez pas vos factures courantes en charges durant l’année. Il vous suffira d’indiquer le montant total de vos indemnités kilométriques sur une ligne spécifique de votre déclaration des bénéfices non commerciaux.

À noter :

Le barème kilométrique n’est pas autorisé pour les véhicules utilitaires, les véhicules en location courte durée ou les voitures sans permis.

Les justificatifs à conserver

Avec le barème kilométrique, il n’est pas nécessaire de conserver les justificatifs de frais d’essence, d’entretien, de réparation et de pneumatiques, qui sont automatiquement pris en compte.

En revanche, il vous faudra conserver comme justificatifs :

  • les factures d’entretien et de réparation : elles permettent à l’administration fiscale de vérifier votre kilométrage, car il apparaît généralement sur ces documents ;
  • les frais de péage et de parking : dès lors qu’ils ne sont pas couverts par le forfait et qu’ils sont déduits en plus du barème, il est impératif de conserver ces justificatifs ;
  • les preuves de déplacement : conservez l’adresse des patients visités, votre agenda professionnel ou le suivi de votre logiciel de gestion pour prouver vos trajets professionnels chez vos patients ou entre votre domicile et votre cabinet.

Comme pour les frais réels, vous devez être en mesure de justifier la réalité des kilomètres parcourus. Concernant les trajets entre le domicile et le cabinet, notez que cette distance est plafonnée à 40 km par jour, sauf si vous pouvez faire état de circonstances exceptionnelles.

Indemnités kilométriques ou frais réels : comment choisir pour votre véhicule professionnel ?

Si les indemnités kilométriques constituent la solution la plus avantageuse, dans certains cas, les frais réels sont préférables, notamment si vous conduisez un véhicule électrique. Une stratégie hybride peut également être envisagée pour optimiser vos déductions.

Quand privilégier les indemnités kilométriques ?

La déduction des frais de voiture à l’aide du barème kilométrique est souvent privilégiée chez les professionnels de santé libéraux : c’est l’option la plus simple et la moins contraignante. Elle permet d’abord d’éviter l’inscription du véhicule en immobilisation et donc d’avoir à gérer la dotation aux amortissements et le calcul de la plus-value de cession.

Alors qu’aux frais réels, l’amortissement d’une voiture particulière est plafonné en fonction des émissions de CO₂, ce plafonnement ne s’applique pas avec le barème kilométrique. Seule la puissance fiscale est prise en compte dans le barème de l’administration, indépendamment de la valeur réelle du véhicule.

Enfin, le barème ne tient pas compte du prix d’achat de la voiture. Cela signifie que deux voitures de même puissance fiscale ouvrent droit à la même déduction, qu’elles soient anciennes, récentes ou neuves.

Quand les frais réels sont-ils plus avantageux ?

La déduction des frais réels peut être plus avantageuse dans certains cas. Par exemple, si le kilométrage professionnel est faible. En effet, la déduction forfaitaire résultant du barème est proportionnelle au nombre de kilomètres professionnels parcourus. Un professionnel de santé peut donc avoir intérêt à déduire les amortissements réels, surtout si la voiture émet peu de CO₂ et si le plafond de déduction d’amortissement est atteint.

Cette règle se vérifie notamment avec  les véhicules 100% électriques, qui bénéficient, avec les frais réels, du plafond d’amortissement le plus élevé. C’est pourquoi il peut être intéressant d’opter pour la déduction des frais réels avec inscription en immobilisation, lorsqu’un véhicule électrique est utilisé à titre professionnel surtout s’il s’agit d’un modèle haut de gamme.

Comment optimiser vos déductions ?

Pour choisir entre les frais réels et les indemnités kilométriques, il faut prendre en compte trois critères essentiels : le kilométrage professionnel annuel, la valeur d’acquisition du véhicule et son taux d’émission de CO₂. La solution des frais réels peut être envisagée pendant la période d’amortissement du véhicule, pour ensuite opter pour les indemnités kilométriques lorsque l’amortissement est terminé. Cette stratégie d’optimisation reste la plus gagnante sur le plan financier.

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